Ce qui reste, en vérité, après dix jours sous la tente
Pas les techniques. Pas les photos. Ce qui reste est beaucoup moins spectaculaire et beaucoup plus difficile à obtenir autrement.

À la fin de chaque camp, nous posons la même question, à la Cour d'honneur : qu'est-ce qui reste ? Les réponses des enfants sont presque toujours les mêmes, et presque jamais celles qu'attendent les parents.
Ils ne disent pas « j'ai appris cinq nœuds ». Ils disent : « j'ai réussi à allumer le feu sous la pluie ». La différence entre ces deux phrases contient toute la pédagogie scoute. La première est une information. La seconde est une découverte sur soi.
Il reste, dans l'ordre où ils le disent : qu'ils peuvent plus qu'ils ne croyaient ; qu'il vaut mieux être fatigué ensemble que reposé seul ; que quelqu'un leur a fait confiance d'une manière qu'ils n'avaient jamais rencontrée ; et que le silence qui suit une bonne veillée, dans une clairière, ne ressemble à rien d'autre.
Il reste aussi quelque chose qu'ils ne disent pas, mais qui se voit : ils font leur sac tout seuls, ne demandent plus « on fait quoi maintenant ? », vont s'asseoir près de celui qui reste seul et, quand on leur confie une tâche, ils la mènent jusqu'au bout. Cette dernière est peut-être la compétence la plus rare du monde d'aujourd'hui.
Et par-dessus tout reste une image : un autel de hêtre à la lisière d'une clairière, construit par eux, démonté par eux, et la clairière laissée exactement comme elle était. C'est la meilleure leçon de théologie que nous puissions leur donner : ce qui est saint n'a pas besoin de marbre.
D'autres articles