Scouts alignés en carré, au lever des couleurs.

La méthode

Cinq buts, cinq moyens, cinq dimensions.

Le scoutisme n'est pas une collection de belles activités. C'est une méthode, à la structure précise, vérifiée depuis plus d'un siècle sur des millions de jeunes. En voici le mécanisme, sans mystère.

Le but

Ce que nous cherchons, en mots simples

Le développement spirituel, intellectuel et physique ; la mise en équilibre du jeune avec Dieu, avec lui-même, avec le prochain et avec la nature. La formation de jeunes responsables, disponibles pour contribuer à bâtir une civilisation chrétienne.

Nous voulons une formation complète des jeunes, tenant compte de leurs besoins. Le « secret » de l'éducation, c'est la confiance, la responsabilité, la délégation des tâches et la motivation par l'éveil de l'intérêt. On vise une responsabilisation progressive.

L'éducation est non mixte — garçons d'un côté, filles de l'autre — mais il existe des activités communes, de groupe, parce que dans la société on vit ensemble, garçons et filles.

Il y a trois tranches d'âge : 7-11 ans, 12-17 ans et 17-24 ans.

Les cinq buts

Ce que nous voulons faire grandir dans l'enfant

Un but n'est pas une activité. C'est une direction que chaque activité doit servir — sans quoi l'activité n'est plus qu'un divertissement.

  1. 01

    La santé et le développement physique

    Non le sport de performance, mais le corps bien employé : la longue marche, le sommeil à même le sol, la nourriture cuisinée soi-même, la résistance au froid et à la fatigue. Un jeune qui connaît son corps le respecte.

  2. 02

    La formation de la personnalité et du caractère

    La parole donnée et tenue, la ponctualité, la maîtrise de soi, le courage de dire vrai quand cela coûte. Le caractère ne s'enseigne pas : il s'exerce, dans des situations où l'erreur a des conséquences.

  3. 03

    Le service du prochain

    La bonne action quotidienne, faite sans être vue. « Le grand aide le petit », « celui qui sait apprend à celui qui ne sait pas ». Le service n'est pas une activité occasionnelle, mais le réflexe le plus difficile à acquérir.

  4. 04

    La découverte de Dieu

    Par la nature, la liturgie, la prière quotidienne, la rencontre avec l'aumônier et l'exemple des chefs. Nous n'imposons pas la foi : nous créons les conditions où elle peut être rencontrée.

  5. 05

    Le sens du concret

    Le nœud qui tient ou ne tient pas, le feu qui prend ou non, la carte qui mène au bon endroit. Dans un monde d'images, le scoutisme rend au jeune le contact avec un réel qui ne ment pas.

Les cinq moyens

Avec quoi nous travaillons

  1. 01

    L'intérêt

    Rien ne s'apprend contre la volonté. La méthode part de ce qui attire un jeune — l'aventure, la compétition, le mystère, l'amitié — et y loge discrètement la formation.

  2. 02

    L'action

    On apprend en faisant. Un scout n'écoute pas un cours sur le feu : il allume le feu, se trompe, se mouille, recommence, réussit. L'éducation par l'action est la signature de la méthode.

  3. 03

    La responsabilité

    Chacun a un poste d'action réel : intendant, cuisinier, topographe, infirmier, liturgiste. Six mois durant, il est « l'expert » de sa patrouille dans son domaine — et la patrouille dépend de lui.

  4. 04

    Le système des patrouilles

    Sept à neuf jeunes conduits par un jeune de leur âge. C'est le milieu où l'on apprend à conduire et à se laisser conduire, à décider et à obéir.

  5. 05

    La Cour d'honneur et le Conseil des chefs

    Les instances où les jeunes eux-mêmes évaluent, décident et assument. La Cour d'honneur est le conseil de bilan de la troupe : on y dit vrai, on y reconnaît ses fautes, on y prend des décisions.

Les cinq dimensions

Où tout se joue

La nature et le camp. Le lieu propre du scoutisme. Dix jours sous la tente changent un enfant plus qu'une année de réunions en salle.

La patrouille et la Loi. Le petit groupe et la règle commune — les deux inventions sans lesquelles la méthode ne fonctionne pas.

L'esprit civique. Le scout ne se forme pas pour lui-même mais pour la cité : il aime sa patrie, il s'engage, il prend position.

Le sens de Dieu. Toute la méthode est orientée vers cette rencontre ; sans elle, elle reste une excellente pédagogie sans terme.

La Promesse. L'acte libre par lequel le jeune entre vraiment dans le jeu. Sans Promesse, un enfant est un invité ; avec elle, il est scout.

Les fanions de patrouille, dressés près des tentes du camp.
Le fanion : un petit groupe, un nom, une couleur, un honneur à défendre.

Le cœur de la méthode

Le système des patrouilles

S'il ne fallait garder qu'un seul élément de tout le scoutisme, ce serait celui-là. La patrouille est un groupe de sept à neuf jeunes, conduit par un chef de patrouille de leur âge ou à peine plus, assisté d'un second.

La patrouille a un nom d'animal, une couleur, un fanion, un cri, son coin de camp et un carnet où elle écrit son histoire. Elle a surtout un honneur : ce que fait l'un retombe sur tous.

L'adulte ne conduit pas la patrouille. L'adulte forme le chef de patrouille et lui confie des missions. Le chef de patrouille conduit ses hommes, répartit les postes, leur enseigne les techniques, les défend et répond d'eux. À quinze ans, un jeune exerce ainsi une autorité réelle — avec de vraies erreurs, dont il apprend.

C'est la grande différence entre le scoutisme et presque toute autre activité pour enfants : ici les jeunes ne sont pas des participants, mais des acteurs.

Demandez à un garçon quelque chose d'impossible et vous le verrez essayer. Demandez-lui quelque chose de facile et vous le verrez s'ennuyer.

Robert Baden-Powell

Valeurs éducatives complémentaires

Cinq habitudes que nous demandons

La bonne action quotidienne

« Toujours prêt. » Le grand aide le petit ; celui qui sait apprend à celui qui ne sait pas. Les principes et l'ouverture aux autres.

La confiance

Dans le scoutisme, on est cru sur parole. La confiance suppose que l'on donne des responsabilités, selon les compétences de chacun.

L'aventure et l'action

Le scoutisme propose aventure et action, en équilibre. Ni agitation sans sens, ni théorie sans terrain.

Rien à moitié

Dans le scoutisme, on ne fait rien à moitié. Un nœud fait à moitié se défait précisément au mauvais moment.

Chacun enseigne et apprend

Chacun est maître d'un côté et apprenti de l'autre. Personne ne sait tout ; personne n'est inutile.

La méthode se voit sur le terrain

Venez voir comment elle fonctionne.