La méthode2 min de lecture

« Sur mon honneur » : ce que promet, en vérité, un enfant de douze ans

La formule ne commence pas par « j'essaierai ». Elle commence par la seule chose qu'un jeune possède entièrement.

Un scout prononce sa Promesse, devant la troupe.

Un enfant peut venir une année entière aux activités. Il devient scout le jour où, devant la troupe, la main gauche sur le drapeau et la droite levée au salut, il dit trois phrases et donne sa parole.

La formule ne commence pas par « j'essaierai ». Elle commence par « sur mon honneur ». C'est la seule chose qu'un jeune de douze ans possède entièrement et que personne ne peut lui prendre : sa parole.

De là vient le premier article de la Loi — le scout met son honneur à mériter confiance — et de là vient tout le reste de la méthode. Dans une troupe, un scout est cru sur parole. On ne vérifie pas, on ne contrôle pas, on ne demande pas de preuve. Et quand la parole est rompue, ce n'est pas une règle qui casse, c'est une relation.

La formule ajoute pourtant une précision essentielle : « avec la grâce de Dieu ». Le scout ne promet pas par ses propres forces, en héros. Il promet en sachant qu'il n'y arrivera pas seul. C'est là toute la différence entre un engagement chrétien et une simple déclaration d'intention.

La Promesse se demande ; elle ne se reçoit pas automatiquement. Il s'écoule d'ordinaire un an. Les dernières semaines sont celles de la préparation : entretiens avec le chef d'unité, une conversation avec l'aumônier, une réflexion écrite sur chaque article de la Loi, souvent une confession. Nous avons vu des enfants attendre deux ans parce qu'ils ne se sentaient pas prêts — et ils ont eu raison d'attendre.

Un ancien scout, interrogé à cinquante ans sur ce qui lui restait de tout cela, a répondu : « D'avoir donné ma parole avant de comprendre ce qu'elle coûtait. Et de n'avoir plus jamais pu la reprendre. »

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